Premier essai du Volvo FH : Luxe, calme et volupté

Premier essai du Volvo FH : Luxe, calme et volupté

Assurer la relève d’une icône comme le Volvo FH est loin d’être une sinécure. C’est dire si nous étions curieux de prendre le volant du nouveau porte-drapeau suédois pour un premier galop d’essai dans la région de Göteborg (Suède). Entièrement repensé, le FH allait-il être à la hauteur de nos attentes ? Sans vous faire languir jusqu’à la fin de cet article, on peut sans hésiter vous répondre par l’affirmative !

A l’issue de l’essai du nouveau FH comme de celui DAF XF d’ailleurs, la même réflexion m’a une nouvelle fois frappée : « Bon dieu qu’il est aujourd’hui difficile d’être un journaliste automobile ! » Comment être un tant soit peu critique quand il devient tellement malaisé de trouver des défauts aux camions actuels ? Nous avons pourtant relevé le défi.

Design scandinave 

Design. Certains jugent le parti-pris esthétique des designers scandinaves discutable, ceux-là qui n’apprécient que modérément l’énorme calandre noire (grise sur le FH16) qui caractérise plus que tout autre élément le nouveau FH. Mais les goûts et  les couleurs… Plus objectivement critiquable est certainement l’absence d’espace laissé au transporteur pour inscrire le nom de son entreprise, notamment en dessous du pare-brise où a pris place le logo de la marque scandinave.

Plus carrée que sa devancière (les montants ont été redressés), la cabine n’en garde pas moins un réel dynamisme grâce notamment à la courbure du pavillon et aux lignes plongeantes des portières. Bon point tant esthétique que fonctionnel – meilleure visibilité latérale – pour le nouveau bloc de rétroviseurs : la coque a tout simplement été enlevée pour ne laisser place qu’aux bras de fixation ultra fins et aux rétros eux-mêmes. Malgré une hauteur du plancher de cabine plus importante, l’accès à bord se fait via trois marches d’accès, et non quatre.

Au final, tout en étant reparti d’une feuille blanche, les designers de Volvo ont su garder les (bonnes) gênes de la précédente génération – on reconnaît immédiatement que c’est un FH – tout en lui donnant un véritable élan de modernité.

Vie à bord. Impression dominante au moment de franchir les portes du nouveau long courrier suédois : la volupté. De celle que l’on ressent quand on découvre le luxe d’une chambre d’un grand hôtel… suédois ! Le mariage des tons clairs pour les revêtements et de couleurs sombres pour les instruments est du plus bel effet. Quant à la qualité perçue, elle est sans critique : les matériaux retenus sont valorisants (pas de plastiques durs à l’horizon !) et l’ajustement des mobiliers digne de celui d’une… Audi.

Une fois installé au volant, c’est un environnement de travail bien conçu que le chauffeur découvre. La visibilité panoramique est excellente – les vitres sont plus larges que sur l’ancienne génération et le set de rétroviseurs ne gêne plus la visibilité latérale – tandis que l’ergonomie – avec notamment la partie droite du poste de conduite fortement orientée vers le conducteur – fait un nouveau bond en avant. C’est la logique qui caractérise le nouveau combiné d’instruments : tous les cadrans les plus importants sont regroupés dans la partie centrale, directement sous les yeux du conducteurs, tandis que les informations de moindre importance sont placées à droite et à gauche.

Bon point pour les réglages, tant du siège que du volant, ce dernier étant ajustable dans toutes les directions et selon une amplitude jusqu’alors inconnue. De quoi permettre au chauffeur de trouver une bonne position de conduite, renforcée par la qualité des sièges, les Suédois – en camions comme en voitures – excellant dans ce domaine particulier. Mais si le chauffeur a droit à tous les égards, on n’en dira pas autant du convoyeur. En cause : le mobilier qui empiète clairement sur l’espace réservé aux jambes de l’accompagnant.  Pour le reste, les rangements, plus nombreux que sur la précédente génération, sont fonctionnels et intelligemment répartis. On soulignera la qualité de la literie, avec une mention particulière pour le matelas du bas dont la partie supérieure est réglable en inclinaison. Pratique pour lire TRANSPORT Management ou pour regarder la TRANSPORT.TV !

Vivement les mauvaises routes belges !

Impressions de conduite. Les succès commerciaux enregistrés par l’ancien FH au long de ses presque 20 ans d’existence ne sont évidemment pas le fruit du hasard. Ils sont notamment le résultat de qualités dynamiques avérées et constamment améliorées au cours de deux décennies. Surfant sur ce bien bel héritage, la nouvelle génération y ajoute son empreinte en améliorant encore le comportement de conduite du long courrier suédois, qui bénéficie entre autres de nouvelles suspensions et d’une nouvelle direction. La tenue de cap en sort grandie : en virages, il n’y a aucune correction au volant à apporter, le FH suit de manière imperturbable la trajectoire initiale.

Et les suspensions avant à roues indépendantes, une exclusivité de Volvo Trucks jusqu’alors réservée au monde de la voiture, quel est leur apport ? Il nous a été très difficile d’en juger, et cela pour deux raisons. D’abord parce que les suspensions d’origine assument déjà parfaitement leur mission. Ensuite parce que les routes suédoises sont en trop bon état. Or c’est sur routes dégradées qu’un système qui fait réagir chaque roue indépendamment des autres montre véritablement ses bienfaits. Rendez-vous est donc pris sur notre parcours d’essai, les routes belges étant un bien meilleur banc de test ! C’est bien la première fois que je me réjouis de rouler sur de mauvaises routes…

Côté chaîne cinématique, le moteur D13 – un six cylindres en ligne de 13 litres donné pour 420, 460, 500 et 540 chevaux – nous a épatés. Souple et silencieux, il met immédiatement en confiance, d’autant qu’il est secondé par une boîte de vitesses automatisée I-Shift au sommet de son art. Quant à l’I-See, un véritable pilote automatique, nul doute qu’il constituera bientôt un équipement fort prisé par les clients Volvo. Couplé avec l’I-Shift, après avoir « reconnu » un parcours,  ce système va gérer pour vous le passage des rapports, l’accélération ou le freinage. But de la manœuvre : économiser du carburant (Volvo annonce jusqu’à 5 % de baisse) en garantissant, notamment, une utilisation maximale de la fonction « roues libres ». Pas à dire, on n’arrête pas le progrès !

28/12/2012
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