Vervoer Verbessem : des boissons en quantité, mais toujours safe

Vervoer Verbessem : des boissons en quantité, mais toujours safe

Lors de la dernière remise des prix Best of TRANSPORT, Vervoer Verbessem, spécialiste dans le secteur des boissons nota bene, a empoché le très convoité Safety Award pour sa contribution exceptionnelle à la sécurité routière. Qui a dit que boire et conduire n’allaient pas ensemble ?

Le 12 juin 2013 fut une soirée mémorable pour Vervoer Verbessem. Même le toujours très sobre directeur Bert Verbessem s’est laissé aller, sur le podium de Best of TRANSPORT, à un saut de joie exubérant. « Normalement, je devais rencontrer ce soir-là des représentants d’AB Inbev pour une importante négociation de contrat », souligne Bert Verbessem pour commencer. « Un contrat qui devait déboucher sur une augmentation de 30 % du chiffre d’affaires. Pas évident de reporter ce genre de rendez-vous, vous le comprenez bien », poursuit B. Verbessem en riant. « Lorsque je suis redescendu du podium avec le prix en poche, je leur ai envoyé aussitôt un sms. Quelques semaines plus tard, l’affaire était conclue et j’ai pu commander 11 nouveaux tracteurs », raconte notre fier transporteur avec un clin d’œil. La sécurité en tant qu’argument de vente, cela semble toujours marcher…

Chez Coca-Cola non plus, un des géants de l’industrie de la boisson qui fait partie du portefeuille clients de Vervoer Verbessem, la victoire au Best of TRANSPORT n’est pas passée inaperçue. « Vous recevez soudainement les félicitations du responsable transport européen de Coca-Cola, un homme que je n’ai vu qu’une seule fois au cours de toutes ces années de collaboration (Coca-Cola et Verbessem collaborent depuis un demi-siècle déjà, ndlr) », poursuit B. Verbessem.

« Pour eux, ce prix est la confirmation qu’ils travaillent avec le bon partenaire. Pour moi personnellement, cette récompense représente le couronnement ultime pour les efforts énormes que nous avons consentis au fil des ans. »

Fausse note

La carrière de Bert à la tête de Vervoer Verbessem ne pouvait pourtant pas démarrer plus mal. Au cours des 9 premiers mois de sa désignation en 2005, trois de ses poids lourds ont été impliqués dans un accident sérieux, mais heureusement sans issue fatale. « Trois fois un coup du sort malheureux », ajoute-t-il, « car depuis lors, je n’a plus eu à déplorer qu’un seul incident. Mais quand même : à ce moment-là, vous avez vraiment un déclic et vous placez la sécurité routière tout au-dessus de la liste des priorités. » Mais la sécurité routière était déjà auparavant un cheval de bataille de la famille Verbessem. Dans les années ’80, le transporteur de Kontich fut un des premiers à régler des limiteurs de vitesse à la vitesse légalement autorisée, alors que les véhicules de nombreux autres transporteurs franchissaient allègrement le cap des 100 km/h. « En tant qu’informaticien de formation, je crois très fort à la technologie et aux systèmes de sécurité active pour réduire le nombre d’accidents », explique B. Verbessem. Il a notamment fait équiper la flotte – essentiellement composée de poids lourds Mercedes-Benz – de l’Active Brake Assist, un système réputé de Mercedes, en fait un ange gardien technologique qui peut procéder à un arrêt complet lorsque la distance avec le véhicule qui précède diminue rapidement. Un ‘plus’ coûteux mais Verbessem est convaincu que le système lui a déjà évité pas mal de maux de tête. « Pour donner une idée : pour un tracteur de 90.000 euros, nous investissons aujourd’hui plus de 4.500 euros en systèmes de sécurité. D’autres entreprises dépensent peut-être ces 4.500 euros en gadgets, mais c’est leur affaire (rires). En plus, nos véhicules sont aussi totalement équipés de boîtes de vitesses automatiques afin de rendre le travail de nos chauffeurs aussi confortable que possible. La pression des délais, le chaos du trafic, le manque de compréhension des autres usagers… nos chauffeurs ont l’esprit suffisamment occupé. »

Cow-boys

Nous arrivons ainsi à cet autre facteur crucial dans la volonté d’éviter les accidents de la route : le chauffeur. B. Verbessem, lui-même formateur agréé, sait mieux que quiconque à quel point le facteur humain pèse lourd dans la sécurité. « J’ai dessiné un parcours ici, dans les environs de Kontich, qui permet d’avoir en un minimum de temps une bonne idée des qualités de chaque chauffeur qui sollicite chez nous. Virages serrés, carrefours avec de nombreux usagers faibles et d’autres situations ‘difficiles’. Il est déjà arrivé sur ce trajet court que je reprenne moi-même le volant parce qu’il n’était plus raisonnable de laisser le candidat conduire un de mes camions. »

Outre une sélection stricte, B. Verbessem table aussi sur un suivi méticuleux de son corps de chauffeurs. Les nouveaux Mercedes Actros ont été livrés équipés de Fleetboard il y a 4 mois, une nouvelle étape dans le processus. Je ne suis pas un tyran qui contrôle tous les faits et gestes de ses chauffeurs, mais il est clair que les cow-boys ne doivent pas se présenter ici. Ça n’arrive d’ailleurs plus, simplement parce qu’ils savent que règne ici une certaine culture de la sécurité. »

Gestion de flotte

Le parc de Vervoer Verbessem est aujourd’hui composé de 35 tracteurs dont 34 sont des Mercedes-Benz. Le dernier véhicule, un Iveco Stralis, est un poids lourd au CNG qui fait la navette tous les jours entre le magasin Powerline et l’implantation Coca-Cola de Wilrijk. « Notre camion CNG représente un premier test avec une propulsion alternative, bien que je croie davantage au potentiel du LNG (Liquified Natural Gas) pour le secteur du transport. L’avantage ici, c’est que nous développons une expertise de manière à pouvoir prendre le train en marche lorsque le marché sera mûr pour de telles solutions », déclare B. Verbessem. Le camion CNG s’inscrit aussi dans le programme Lean & Green auquel Vervoer Verbessem a souscrit au début de cette année. L’entreprise veut ainsi, dans un laps de temps de 5 ans, réduire ses émissions de CO2 totales de 20 %.

Dans cette optique, Verbessem est également partisan du ‘downsizing’. « Nous n’avons pas participé à la course au ch, mais optons toujours pour des moteurs plus petits et plus économiques. Lorsque l’Actros précédent est arrivé sur le marché, nous sommes passés de 410 à 360 ch. J’ai montré à l’époque la courbe de couple de ce nouveau moteur aux chauffeurs et leur ai expliqué qu’en roulant autrement, ils pouvaient avancer plus rapidement qu’avec un moteur de 410 ch. Pour une société comme la nôtre, qui est surtout active en Belgique et dans le nord de la France, vous n’avez pas besoin de ces ch. Les seules bosses sont la sortie du tunnel Kennedy et le viaduc de Vilvorde, et c’est tout. »

Les poids lourds de Verbessem parcourent annuellement entre 100.000 et 110.000 km. « Ceci n’implique pas qu’ils soient au bout du rouleau après 7 ou 8 ans », ajoute B. Verbessem. « Nous examinons les choses au cas par cas. Certains poids lourds restent 9 ou 10 ans en service parce que certaines pièces viennent à peine d’être remplacées ou parce que la différence en valeur résiduelle est minime. C’est en tout cas un grand avantage de Mercedes : récemment, j’ai encore vendu un camion de 10 ans au prix de 12.500 euros, alors qu’il coûtait à l’origine 62.500 euros. » Pour les semi-remorques, Verbessem choisit des véhicules de Renders et Krone, faciles à manœuvrer dans les zones urbaines où le transporteur se rend généralement, grâce aux systèmes X-Steering et TDX-steering respectifs.

Les grands moyens

Cette culture de la sécurité va d’ailleurs beaucoup plus loin que ce que l’on pourrait penser au premier abord. Outre les sessions annuelles consacrées à l’angle mort dans les écoles de Kontich, Vervoer Verbessem organise par exemple, avec Coca-Cola, des tests de freinage afin de simuler les forces qui s’exercent sur la paroi avant de la semi-remorque lors d’une collision. Des opérations de ce type ont un coût, mais cela n’inquiète pas Verbessem. « Les chargeurs nous imposent parfois des règles très théoriques sur le plan de l’arrimage des charges. Il me semble plus intéressant de rechercher dans la pratique comment un chargement déterminé réagit à un impact donné, de manière à pouvoir prendre des mesures scientifiques. Plutôt que de s’accrocher à des règles et des procédures dont vous ne savez même pas si elles sont utiles en cas d’accident. Prenez par exemple la force G qui s’exerce sur la paroi avant de la semi : 0,8 dit la loi. Et bien je suis convaincu qu’une partie de cette force est absorbée par le sol, mais ce n’est écrit nulle part. C’est pourquoi nous allons bientôt organiser des tests de suivi avec des chargements complets. Histoire d’examiner ce qui se passe vraiment avec ces forces complémentaires. » Reste à voir combien de transporteurs effectueront des tests de ce type, sans parler de l’argent que cela coûte… B. Verbessem : « Nos investissements ont encore d’autres effets positifs. Notre prime d’assurance a de nouveau baissé, par exemple. Et pas en raison de nos bonnes résolutions, car dans ce domaine seules les statistiques d’accidents comptent. Heureusement, nos statistiques vont dans le bon sens », conclut B. Verbessem.

14/11/2013
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